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Sauvegardes du cabinet : vérifier qu'elles se restaurent

Une sauvegarde n'a de valeur que si elle peut être restaurée. La procédure pour le vérifier soi-même, en une demi-heure.

· 3 minutes de lecture

La plupart des cabinets disposent d’un système de sauvegarde : un boîtier, un disque externe ou un service en ligne, souvent géré par un prestataire. Beaucoup plus rares sont ceux qui ont déjà vérifié qu’une restauration fonctionne. Or seule une restauration réussie prouve que la sauvegarde est exploitable.

Lors d’interventions en cabinet, les défaillances suivantes ont été constatées alors que le système de sauvegarde n’affichait aucune alerte :

  • un disque de sauvegarde connecté en permanence au serveur, chiffré en même temps que lui lors d’une attaque ;
  • une tâche de sauvegarde en échec depuis quatorze mois, après un changement de mot de passe ;
  • des données copiées sans les paramétrages des postes, ce qui a demandé trois jours de reconfiguration ;
  • une sauvegarde complète à l’exception du fichier de licence du logiciel métier, qui refusait de démarrer.

La procédure de vérification

À réaliser en dehors des périodes de forte activité, sans l’aide du prestataire. Comptez une trentaine de minutes.

  1. Localiser la sauvegarde. Identifier le support, le dossier et le nom des fichiers. Si personne au cabinet ne sait où elle se trouve, la reprise d’activité dépend entièrement de la disponibilité d’un tiers. (5 minutes)
  2. Vérifier la date du dernier fichier sauvegardé, directement sur le support, et non l’état affiché par le logiciel de sauvegarde. Cette étape révèle les tâches en échec. (2 minutes)
  3. Restaurer un fichier dans un dossier vide, jamais à la place de l’original, puis l’ouvrir et contrôler son contenu. Un fichier peut être restauré sans pouvoir être ouvert. (15 minutes)
  4. Évaluer la protection de la sauvegarde. Serait-elle chiffrée si le poste ou le serveur était attaqué ? Existe-t-il une copie hors du cabinet en cas d’incendie ou de vol ? Jusqu’à quelle date peut-on remonter ? (8 minutes)

Pouvoir remonter dans le temps

Une copie unique, remplacée chaque nuit, protège contre la panne d’un disque. Elle ne protège pas contre une altération découverte tardivement.

L’observatoire de l’ANS et du CERT Santé recense 764 incidents de sécurité déclarés en 2025 dans le secteur de la santé. 288 d’entre eux ont imposé un fonctionnement en mode dégradé ou l’interruption de la prise en charge. La compromission de comptes y est la première menace : un accès frauduleux peut entraîner des suppressions ou des modifications qui ne sont repérées qu’après plusieurs jours ou semaines. Il faut alors pouvoir restaurer une version antérieure à l’incident.

Les règles à retenir

  • La règle 3-2-1 : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une hors du cabinet.
  • Une copie déconnectée ou non modifiable : une sauvegarde accessible en permanence depuis le réseau peut être atteinte par un programme malveillant présent sur ce réseau.
  • Plusieurs versions conservées, sur une durée suffisante pour revenir avant un incident découvert tardivement.
  • Un test de restauration au moins deux fois par an, avec la date notée dans un registre.

Sources

Pour situer votre propre structure sur ces questions, il existe un pré-bilan en ligne : six à huit minutes, résultat immédiat à l'écran, aucune donnée de patient.

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